Comprendre ses besoins : une clé pour mieux se réguler

 

Lorsque l’on a des besoins sensoriels, on n’en a pas forcément toujours conscience. Et parfois, on les perçoit sans parvenir à les exprimer. La langue française est très riche, et pourtant il est extrêmement difficile de trouver les mots justes pour décrire ce que l’on ressent, mais aussi les effets que certains outils peuvent avoir sur nous.

Si l’on me donne une balle à manipuler et que celle-ci est douce, je vais instinctivement me mettre à la caresser. Le contact de sa texture sur ma peau m’apporte une sensation de calme assez étrange. Peu à peu, au rythme de mes gestes sur la balle, ma respiration se détend.

 Le contact de la texture sur ma peau me procure une sensation étrangement calme. 

Si, au contraire, on me donne un outil qui me permet d’exprimer mon énergie de mouvement, comme une planche wobble, je vais utiliser le balancement au rythme dont mon corps a besoin. Si je suis énervé, mes mouvements seront plutôt rapides. Mais le fonctionnement même de la planche m’amène progressivement à trouver un rythme, à structurer mon mouvement et à adopter un tempo qui m’aide à m’apaiser en bougeant.

Si je mets soudainement un casque antibruit sur ma tête, sa fonction première est bien sûr de réduire le bruit. Mais que se passe-t-il réellement dans mon corps à ce moment-là ? C’est comme un shut down. Un voile de calme vient diminuer le volume de mes pensées et de mon anxiété. J’ai alors le sentiment de reprendre la main, de retrouver un certain contrôle sur mon environnement. C’est cela que je ressens. Et c’est cela que je cherche.

 Un voile de calme qui vient réduire le volume de mes pensées, de mon anxiété. 

Quand je suis en pleine crise, que je crie, que mon flot de paroles ne s’arrête plus, que je ne ressens presque plus rien, et qu’on me met dans le noir puis qu’on pose une couverture lestée sur mon dos, quelque chose change. Soudain, je ressens de nouveau.

Je ressens la colère qui m’habite. Je prends conscience du manque de contrôle sur mes actions, mes gestes, mes mots. J’ai l’impression de voir la scène de l’extérieur, de me voir moi-même, incontrôlable.

 Alors soudain je ressens de nouveau. 

Et je me demande pourquoi. Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à exprimer mes émotions autrement ? Qu’est-ce que je voulais dire, déjà ? Pourquoi ai-je l’impression que je vais mourir à cause de ce que je ressens ? Puis, doucement, une forme de conscience revient. Mes pensées commencent à se remettre en ordre.

 Pourquoi ma réaction naturelle pour arrêter tout cela est de me faire du mal ? 

Peut-être parce que la douleur provoque une sensation qui prend momentanément la place de celle que je n’arrive plus à contrôler ? Si j’ai à la place un outil que je peux serrer très fort dans mes mains, qui me fait ressentir une sensation suffisamment intense ou dérangeante, je peux alors prendre de la distance avec l’émotion qui m’envahit, pour mieux l’observer et essayer de la comprendre.

 C’est extrêmement compliqué de mettre des mots sur des émotions et des sensations que l’on ne comprend pas, surtout lorsqu’elles nous emportent au point de prendre le contrôle de votre corps, de vos pensées. 

Alors oui, la douleur n’est pas censée être une sensation que l’on recherche. Et pourtant, dans ces moments-là, elle peut donner le sentiment de reprendre la main : choisir une sensation précise plutôt que subir celle qui nous envahit, et offrir ainsi au cerveau un point d’ancrage face à ce qu’il n’arrive plus à réguler.

Pour moi, le plus difficile, lorsqu’on a déjà dépassé sa fenêtre de tolérance, c’est de prendre du recul : comprendre ce que l’on ressent à l’instant T, identifier ce dont on a besoin, puis trouver comment agir pour revenir à un état plus stable.

La régulation s’apprend, et surtout, par l’expérience, à mon avis. Inutile de culpabiliser à chaque débordement émotionnel : chaque situation permet d’affiner la compréhension de ses besoins, de repérer plus tôt les signaux du corps et d’identifier les stratégies qui fonctionnent réellement pour soi.

Et vous ? Avez-vous déjà vécu une situation comparable, où une sensation, un mouvement ou un outil vous a aidé à mieux comprendre ce qui se passait en vous ? Y a-t-il des signes que vous avez appris à reconnaître avec le temps, ou des choses qui vous aident à retrouver un équilibre ?

Partagez votre expérience en commentaire : mettre des mots sur ces vécus peut aussi permettre à d’autres de mieux comprendre les leurs.

 
Diagnostiquée TDAH tardivement, j’ai à cœur de partager les outils, concepts et ressources qui peuvent aider les personnes neuroatypiques à mieux se comprendre et à trouver ce qui leur convient. Une idée à la seconde, ou presque : j’aime les faire naître, les relier et surtout les partager pour qu’elles puissent être utiles et faire grandir la communauté.

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