
5 signes subtils que votre système sensoriel a besoin de plus de soutien
Il n’est peut-être pas surprenant pour vous qu’une personne qui se couvre les oreilles, qui ne peut pas s’empêcher de bouger ou qui a une alimentation extrêmement limitée bénéficie d’un soutien sensoriel plus important. Il est encourageant de voir de plus en plus d’élèves qui ont besoin de bouger bénéficier d’aménagements sensoriels, comme une chaise tournante, au lieu d’être censé·es rester assis·es sans bouger. Et j’aime voir des musées pour enfants et des aquariums proposer des casques antibruit à un enfant de quatre ans qui pleure à cause des échos trop forts.
Maintenant, j’aimerais voir si nous pouvons aller plus loin. Pouvons-nous continuer à répondre à ces appels comportementaux très évidents à un soutien sensoriel, tout en commençant à nous montrer curieux et curieuses face aux signes plus subtils ?
Une chose à garder en tête est que notre système nerveux reçoit constamment des informations sensorielles provenant à la fois de notre monde extérieur et de notre monde intérieur. Une fois ces signaux sensoriels reçus, le cerveau traite l’information, lui donne du sens, puis renvoie un message au corps — ce que nous observons à l’extérieur sous forme de comportement.
C’est pour cette raison que je grimace lorsque j’entends le débat : « Est-ce sensoriel ? Ou est-ce comportemental ? » Parce qu’en réalité, tout est comportement. Notre rôle est de décoder ce que signifie le comportement et de déterminer s’il existe un déclencheur lié au sensoriel. En gardant cela en tête, parlons de cinq signes comportementaux subtils qui m’indiquent, en tant que spécialiste du traitement sensoriel, que le traitement sensoriel pourrait faire partie du tableau.
1. Vous vous sentez en état d'agitation, même lorsque l'épuisement est là
Avez-vous déjà eu l’impression que votre cerveau était complètement vidé, que vous n’arriviez à vous concentrer sur rien, et pourtant que votre corps continuait à bouger ? Qu’il s’agisse de taper constamment du pied en regardant une série ou de se retourner pendant des heures avant de s’endormir, cela peut être le signe que votre système nerveux sympathique fait des heures supplémentaires. Vous avez besoin que votre système nerveux parasympathique prenne le relais et laisse l’autre rentrer chez lui.
Lorsque le système nerveux sympathique est aux commandes, votre cerveau et votre corps restent en alerte et prêts à agir. Pour l’éteindre, vous devez vous adresser directement à votre système nerveux et lui faire savoir que vous êtes en sécurité et que vous n’êtes pas en train de fuir un ours.
Essayez une routine douce de yoga ou d’étirements de cinq ou dix minutes.
2. Vous avez du mal à rester dans le moment présent
Si vos pensées restent bloquées sur quelque chose qui s’est déjà produit ou sont absorbées par l’anticipation de quelque chose à venir, vous passez à côté de détails importants et de la vie qui se déroule autour de vous, ici et maintenant. Cela peut vous amener à faire des erreurs d’inattention dans vos devoirs, ou à mettre la télécommande de la télévision dans le réfrigérateur. Pour rester connecté·e au présent, vous avez besoin de vous reconnecter à votre corps — et les stratégies sensorielles peuvent être un excellent raccourci pour cela.
Essayez d’utiliser un tapis ou un repose-pieds d’acupression, ou faites rouler votre pied sur une balle de tennis. Cette petite poussée de stimulation sensorielle intense et de pression aide à ramener votre attention vers les sensations qui se produisent dans le moment présent.
Vous pouvez aussi essayer de sucer un bonbon acidulé ou de placer un collier à mâcher texturé au congélateur pour les personnes qui recherchent une expérience sensorielle plus intense.
3. Vous vous surprenez à vous emporter et à être irritable sans raison
Je pense que la plupart des personnes aidantes en 2026 peuvent se reconnaître dans cela — non seulement par expérience personnelle, mais aussi en observant leurs enfants le vivre. Comment une personne peut-elle sembler tout à fait bien à un moment, puis perdre son calme l’instant d’après ?
Comme pour tout comportement, il peut y avoir de nombreuses raisons. Mais l’une des raisons que je vois de plus en plus souvent, c’est que nous n’écoutons pas nos signaux internes. Cette légère tension de votre vessie qui indique que vous avez besoin d’aller aux toilettes. La lourdeur dans vos membres qui murmure que vous avez besoin d’une pause. Votre estomac vide qui gargouille et réclame son prochain repas.
Certaines personnes ne reconnaissent pas suffisamment bien ces signaux sensoriels, que l’on appelle l’interoception. En conséquence, leurs besoins de base ne sont pas satisfaits — et cela affecte le comportement.
En règle générale, lorsque je commence à me sentir d’humeur irritable « sans raison », je fais un inventaire de mes besoins de base et je me demande : quand ai-je bu de l’eau pour la dernière fois, utilisé les toilettes ou mangé quelque chose ?
Vous pouvez encourager un jeune enfant à appuyer doucement sur le bas de son ventre pour développer sa conscience du besoin d’aller aux toilettes. Ou lui proposer de boire de l’eau glacée et de suivre la sensation jusqu’à son ventre, en remarquant s’il semble plein ou vide.
4. Vous avez constamment des bosses et des bleus parce que vous vous cognez partout
Comment osent-ils, ces encadrements de porte et ces coins de table, se mettre sur notre chemin — ne nous voient-ils pas arriver ?
La proprioception est le sens qui informe notre cerveau sur la position et le mouvement de notre corps dans l’espace. Certaines personnes traitent cette information différemment, ce qui peut entraîner une carte corporelle interne déformée. Cela affecte directement la coordination et la façon dont nous évoluons dans notre environnement.
Elles peuvent mal évaluer la force, par exemple en claquant un tiroir ou en faisant des câlins trop serrés, ou mal estimer les distances, par exemple en renversant des boissons ou en se cognant contre les encadrements de porte.
Se donner pour défi de bouger plus lentement et de balayer visuellement son environnement au fil de la journée peut aider à mieux contrôler ses mouvements. Mais pour des résultats plus durables, il est recommandé de participer à des activités qui donnent au cerveau des retours proprioceptifs plus forts. Beaucoup d’entre elles sont excellentes à la fois pour les enfants et les adultes :
- Gymnastique
- Arts martiaux
- Yoga
- Escalade
- Natation
5. Vous vous sentez vidé·e après des journées de voyage, des rendez-vous médicaux ou dentaires, ou de grands rassemblements
Vous arrive-t-il d’avoir besoin de longues siestes ou de ressentir une fatigue extrême après un rendez-vous médical, ou une fois enfin installé·e dans un hôtel ou un AirBnB après un voyage ?
Ce n’est pas seulement parce que vous vous êtes levé·e tôt. Ce n’est pas seulement parce que vous avez transporté une valise ou traversé un fuseau horaire. Cela peut être parce que votre système nerveux est à sa capacité maximale après avoir traité toutes les informations sensorielles exigées par ces environnements.
Bien que le traitement sensoriel soit généralement automatique, les informations sensorielles nouvelles, inconnues ou inhabituellement intenses demandent beaucoup plus d’énergie cérébrale pour être traitées.
Les lumières fluorescentes vives d’un cabinet médical, les sons animés d’un aéroport ou une heure de fraisage dentaire imposent tous une lourde charge cognitive au cerveau. Pour certaines personnes, cela laisse peu d’énergie pour quoi que ce soit d’autre ce jour-là.
En tant que personne qui vit cela moi-même, j’ai appris que la meilleure approche est la préparation. Voici quelques idées :
- Libérer le reste de votre journée après un rendez-vous important, sans prévoir de retourner à l’école ou au travail.
- Apporter un casque antibruit à l’aéroport — même si le niveau sonore ne semble pas « si fort » — afin de préserver les ressources de votre système nerveux.
- Emporter un doudou, un fidget à presser ou un outil à mâcher pour une stimulation apaisante pendant les rendez-vous ou les voyages.
Le soutien sensoriel passe en premier
Puis-je vous confier un secret ? Je suis ergothérapeute depuis dix ans, et j’ai vu des comportements assez uniques, vraiment inattendus, qui n’étaient pas nécessairement déclenchés par un besoin sensoriel, mais qui répondaient tout de même bien à une stratégie sensorielle.
Même si un comportement n’est pas causé par un besoin sensoriel, il peut tout de même bénéficier d’une stratégie sensorielle.
Alors, la prochaine fois que vous essayez de comprendre comment aborder un comportement, commencez d’abord par les stratégies sensorielles. Explorez la pression profonde, la mastication, la respiration profonde ou la réduction des stimulations sensorielles avant de passer directement à des solutions basées sur le comportement.
À propos de l’autrice
Laura Petix
Laura Petix est une ergothérapeute pédiatrique philippino-américaine, neurodivergente, autrice, et une voix reconnue à l’échelle nationale dans le domaine du traitement sensoriel et de l’accompagnement du comportement informé par le système nerveux. Elle est la fondatrice de The OT Butterfly, une plateforme éducative de référence à laquelle des centaines de milliers de parents, de professionnel·les de l’éducation et de clinicien·nes font confiance pour traduire les neurosciences en stratégies pratiques, concrètes et applicables au quotidien.
Avec une expérience couvrant la pratique clinique, la recherche et l’éducation numérique à grande échelle, Laura est connue pour rendre la science sensorielle complexe accessible, affirmante et actionnable. Retrouvez-la sur Instagram @theotbutterfly ou sur son site www.theotbutterfly.com.
À propos d’ARK Products
Fondé par une orthophoniste et un ingénieur, ARK Products développe depuis plus de 25 ans des outils et ressources spécialisés pour accompagner la motricité orale, l’alimentation et les besoins sensoriels. Son expertise associe une connaissance fine des enjeux thérapeutiques à une conception technique pensée pour le quotidien des enfants, des adultes, des familles et des professionnel·les.
Ce contenu est une traduction d’un article original publié sur le site d’ARK Therapeutic.
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